A force de solitude je perdrais toute ma valeur ; je serais désincarnée. Je mourrais de désamour.
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# Posté le mercredi 28 octobre 2009 14:27

Un pays sans toi – bus – paysage




Depuis combien de temps elle ne peut détacher ses yeux du paysage ? Les champs roulent sur eux-mêmes, les couleurs se mélangent comme des pots de peintures renversés. Depuis combien de temps ? Les tournesols obliquent à perte de vue, toute cette lumière gorgée de soleil se déverse dans l'habitacle. C'est doux, chaud, et elle ne peut détacher ses yeux du spectacle. Ça lui rappelle l'aube d'une vie, les colonies de vacances et les enfants joyeux. Dans cette bulle de chaleur elle oublie le tissus des sièges, les rideaux moches, les tremblements agaçants du bus et la musique suicidaire du voisin. Tout ici est dégueulasse, mais dehors il y a des prairies, des hommes à la peau burinée sous un franc soleil d'été ; dehors il y a de l'espoir, un air pur et transparent, pas le gris opaque déprimant d'une fenêtre. Dehors c'est une vie de vagabonds, des amants mourront heureux et amoureux, sous un ciel étoilé. Un champ de coquelicots, longs et gracieux. Et ton visage qui se rappelle à moi.Tes yeux. Immenses. Brulants comme le feu dans l'âtre. Dehors y'a du paysage, Tu sais Là où nos ondes sensuelles et muettes s'accrochent Là où on se mange, libérés de leurs tatouages indélébiles. Les autres. La nuit tombe, le ciel noir s'abat sur nous et le voyage continue dans l'ombre, loin de la maison, ici tout est dégueulasse et éteint, l'odeur infecte et les voix stridentes des autres. Ces autres, meurtriers de nos c½urs. Ces criquets de la nuit qui tuent notre souvenir. Tes yeux. Immenses. Froids comme une brise glacée. Partir. Là. Ou là-bas.Loin. Dans ce bus, qui m'éloigne de nous. Depuis combien de temps ? Tout s'est figé et le paysage défile... C'est une belle nuit,Tu sais. Une amphore de solitude que je remplis de notre eau. J'avais rêvé d'un pays, j'y ai longtemps songé tu sais, nos corps accrochés l'un à l'autre pour ne pas tomber, dans le vide profond du merveilleux. J'avais rêvé de la fin des Temps, nous portant dans le creux de son ventre. Depuis combien de temps ? Dans ce bus ? Je me demande si je vais en sortir un jour, toucher de nouveau du vert, du jaune, ta peau. Quand tu seras mort et enterré, ton souvenir enfoui dans les mers, je pourrai me fondre dans le paysage. Tu es loin et je ne t'en veux pas, l'amour c'est pour les cons, pas vrai ? Enfoncée dans son siège elle ne peut détacher les yeux des prairies ombragés, de l'encre au dessus d'elle qui menace de couler, de cette fenêtre sale qui accueille son regard où tu gis. Ils sont idiots de s'être tant meurtris, des amants blêmes et idiots ; un jour ça a éclaté si fort que la lumière s'est déchirée ; une ombre noire a tout recouvert. Il a fallu partir. S'enfuir.Je n'en sortirais plus jamais de ce bus dégueulasse. Sans toi : dehors, le monde, ne valent plus rien. C'est une nuit de ténèbres. On traverse nos vies comme des bus lancés à toute allure traversent les temps ; tâchés, blindés, ébranlés sur une route éternelle qui se déploie comme un ruban. Tu sais,Moi je veux voir nos visages ensoleillés, Tu sais, Moi je veux voir ton paysage.
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# Posté le vendredi 23 octobre 2009 04:46





_ j'aurai pu tomber amoureuse d'une fille aussi belle.








# Posté le mercredi 14 octobre 2009 03:10

J'aime les points virgule parce qu'ils sont compliqués..





La vie c'est drôle,
c'est pas sérieux voyons,
c'est juste un jeu.



# Posté le jeudi 08 octobre 2009 15:53

Modifié le vendredi 09 octobre 2009 04:34